Karl Marx Reporter à Villiers-le-Bel
Par Jérôme Leroy le dimanche 9 décembre 2007, 18:08 - Le talon de fer - Lien permanent
Vous appelez ça comment, vous, quand pendant deux nuits, les jeunes d’une banlieue au nom de films de chevaliers, Villiers-le-Bel, affrontent les forces de l’ordre et blessent plus ou moins gravement le quart des effectifs engagés ? Émeute ? Révolte ? Insurrection ? Je pose la question parce que le choix des mots et ce que l’on met derrière a son importance. Depuis Orwell et la novlangue qu’il a prophétisée dans 1984(1), on sait que les pouvoirs modernes et totalitaires (par exemple le sarkozysme et ses tentatives de Parti unique via l’« ouverture ») aiment bien qu’on parle leur langage et qu’on se mette donc à penser comme eux sans s’en rendre compte.
Ça s’est un peu vu malgré tout avec les usagers du métro « pris en otage ». Il est vrai que par les temps qui courent, confondre un cheminot avec un membre des Farc qui martyrise Ingrid Betancourt ou un boucher d’Al Quaïda qui égorge un jeune Américain sur Internet, il n’y a que Jean-Pierre Pernaut sur TFPétain pour ne pas s’apercevoir de l’indécence de la chose.
Heureusement, il y a aussi Karl Marx. Karl Marx est un jeune reporter allemand, plutôt de gauche, qui a couvert les évènements de Villiers-le-Bel dans La Guerre civile en France(2). Que s’est-il vraiment passé à Villiers-le-Bel ? Marx est incroyablement précis dans ses réponses : «C’était bien cela, écrit-il notamment, la civilisation et la justice de l’ordre bourgeois se montrent sous leur jour sinistre chaque fois que les esclaves de cet ordre se lèvent contre leurs maîtres. Alors, cette civilisation et cette justice se démasquent comme la sauvagerie sans masque et la vengeance sans loi.»
Et ce Karl Marx devient encore plus étonnant quand il trace le portrait de notre actuel président : « Ce nabot monstrueux tient sous le charme la bourgeoisie française depuis près d’un demi-siècle parce qu’il est l’expression intellectuelle la plus achevée de sa propre corruption de classe. Avant de devenir homme d’État, il avait déjà fait la preuve, comme historien, de sa maîtrise dans le mensonge. La chronique de sa vie publique est l’histoire des malheurs de la France(3).»
Jérôme Leroy
(1) disponible en Folio.
(2) Mille et Une nuits, 3 euros, 120 pages.
(3) Marx parlait de Thiers, en fait, le massacreur des communards.
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